Plagiat et contrefaçon : ils nous ont bien eu !

https://youtu.be/MeKKssZehWI
 
Tout le monde parle de plagiat, mais en réalité le terme exact est la contrefaçon. Certains artistes s’inspirent des morceaux (comme Gainsbourg avec Chopin) tombés dans le domaine public sans pour autant mettre en exergue le créateur principal. Avec l’inspiration des artistes et tous les airs déjà produits depuis les siècles, la ressemblance fait croire qu’on tourne en boucle. Dans le monde musical, peut-on juste parler d’une inspiration venue du subconscient ou d’une copie voulue ? Alors subconscient ou conscience des faits, voici les plus belles contrefaçons du show business musical.
 

La contrefaçon dans le monde musical : what is plagiat ?

 
Le plagiat n’apparaît point dans les dispositions du code de la propriété intellectuelle de France. On parle plutôt de délit de contrefaçon. C’est le fait pour une personne d’intégrer dans son œuvre un extrait ou l’intégralité de l’œuvre ou de l’inspiration d’un autre auteur sans son accord. Le code de la propriété intellectuelle dispose en son article L335-2 que toute édition de composition musicale, d’écrits, de dessin, de peinture ou de toute autre production, gravée ou imprimée en partie ou en entier, au mépris des règlements et lois de la propriété des auteurs constitue une infraction. Celle-ci est un délit prévu et puni par la loi. La reproduction des morceaux d’un artiste connu est la source du succès de plusieurs artistes. Ce vilain petit vol se remarque dans plusieurs titres qui ont fait chanter, danser, rigoler plus d’un. A titre d’exemple des plus monstrueux duplicatas musicaux assez marquants, on retrouve « Somebody that I used to know », de Gotye, reproduction de « Seville » de Luiz Bonfa.

 

Des artistes montrés du doigt en matière de reproduction en musique

 
L’on se demande bien si ces artistes sont de vrais compères à la recherche de succès fulgurant capable du pire ou sont de simples admirateurs emportés et maladroits ? Il est difficile de le savoir. Il est vrai qu’on ne peut créer qu’en s’inspirant des autres (mais l’inspiration est autorisée par la loi). Dans tous les cas, il ne faut dépasser les limites. Shakira avec le titre « Loca » n’est rien d’autre au fond qu’un plagiat de Ramon Arias sur le morceau « Loca con su tiguere ». L’année 2010 a été secouée par un hit exceptionnel « Loca ». L’auteur a été tenu responsable du délit de falsification par un juge new yorkais. Le déhancher torride de Shakira n’excuse en rien son acte.

 
Même si Coldplay a été pourtant déclaré non-coupable, la ressemblance saute à l’œil. Son titre « Viva la vida » n’est rien d’autre qu’une copie de « If i could fly » de l‘artiste Joe Satriani.
 
 
Bruno Mars avec son titre « Treasure » s’est inspiré entièrement de Breakbot dans le morceau « Baby I’m Yours ». Même si l’auteur principal s’est opposé à la reprise de son morceau, Bruno Mars s’est entêté. Il a attendu juste quelques mois pour mettre sur le marché « Treasure ».
 

 
Il n’y a pas plus flagrant que « Blurred lines » plagié de « Got to give it up » de la star Marvin Gaye. Robin Thicke et Pharell ont été contraint par la justice à reverser 7,4 millions de dollars à la famille royale de la soul.

 
Nirvana a connu la renommée avec son titre « Come as you are ». Celui-ci n’est rien d’autre qu’une reprise de « Eighties » de l’artiste Killing Joke.
 

 
« The Last Time » des Rolling Stones a été repris par The Verve dans le titre « Bitter Sweet Symphony ». Cette chanson avec un succès inéluctable a été inspirée d’une réorchestration du morceau des Rolling Stones. Le procès diligenté a permis de rendre à César ce qui est à César. Mick Jagger et Keith Richards ont été reconnus comme les auteurs officiels du titre « Bitter Sweet Symphony ».
 

 
Ed Sheeran est en pleine procédure judiciaire après une plainte des ayants droits de Marvin Gaye sur sa chanson « Thinking out loud » qui serait un plagiat de « Let’s Get it on ». En écoutant, je trouve qu’on est plus dans un cas d’influence que de plagiat direct, mais c’est la justice qui en décidera. En tout cas, la justice a donné l’accord aux plaignants d’avoir un retour sur les sommes qu’Ed a gagné lors de sa dernière tournée et les détails des performances de « Thinking out loud » pour engager un compromis. Bon courage !
 

 
La mention spéciale de la liste revient au clip de « Happy » identique à « Girl walk // All day ».
Et oui la contrefaçon ne concerne pas que la musique en elle-même, mais toute création, auditive ou visuelle.
 

 

Il y a aussi dans ce petit monde de la musique des auteurs compositeurs qui se plagient eux-même, ou quand une chanson marche, la refont chanter d’une autre façon avec un autre titre par un autre interprète, pas bête ! C’est le cas, par exemple, de Jean-Jacques Goldman avec son titre « les derniers seront les premiers » chanté par Céline Dion et « Aïcha » chanté par Khaled.
 
 
 

L’apport de la justice dans la lutte contre la copie dans tous ses états

La justice a souvent de peine à trancher en matière de duplicata musical. Elle a réussi à trouver les éléments nécessaires pour trancher dans certains cas. En effet, Cheb Khaled a été condamné en raison de son tube Didi. Il en est de même des artistes Robin Thicke et Pharrell Williams. D’autres artistes ont été blanchis malgré les fortes ressemblances. Sam Smith a connu l gloire grâce à son tube Stay with me. Il a été auréolé par plusieurs Grammy Awards. Pourtant, cette chanson ressemble drôlement au morceau proposé par Tom Petty. Son titre « I won’t back down » datant de l’année 1989 est une parfaite copie. Tom Petty n’a nullement intenté une action en justice. Il a d’ailleurs déclaré qu’il n’en veut point à Sam Smith. Ce dernier en a profité pour plaider une parfaite coïncidence. Il a dans la foulé crédité Jeff Lynne et Tom Petty comme de co-auteurs.
 

 
Robin Thicke et Pharrell Williams ont été condamnés par la justice à verser une somme juteuse aux successeurs de Marvin Gaye. Le morceau « Blurred Lines » a été passé aux peignes fins pour détecter les points de ressemblance avec « Got to give it up ». Après 15 journées du procès, le tribunal a tranché pour le camp de la famille Gaye.

 
Calogero, le chanteur français a aussi été condamné au cours du mois de mai 2014 pour une reproduction du morceau de Laurent Feriol. Le titre « Si seulement je pouvais lui manquer » aurait été déclaré plagié. Les couplets sont certes différents mais les refrains des deux morceaux ont près de 65% de notes communes. Bon ok, la chanson de Calogero est quand même plus sympa.
 
 
Led Zeppelin fait, en 1969, les premières parties du groupe de blues Spirit. 2 ans plus tard, un nouvel album sort des studios avec ce qui deviendra un tube légendaire, la chanson « Stairway to heaven ». Mais cette chanson en a fait frétillé un qui a reconnu quelques lignes de guitares puisque … c’étaient les siennes. C’est Randy California du groupe Spirit. Coincidence ? En tout cas elles sont très inspirées de celles entendues dans « Taurus » un des titres de Spirit. En mai 2014, après des années de bataille juridique avec lui et ses ayants droits, ils ont demandé à ce que Randy soit crédité sur « Stairway to Heaven ». La réédition de IV de Led Zeppelin a même failli être interdite !
(Mise à jour Mars 2020 : La Cour d’appel de San Francisco a maintenu le jugement rendu en première instance. Elle vient de le confirmer, ce lundi 9 mars : le titre mythique Stairway To Heaven de Led Zeppelin n’est pas un plagiat).

 
Mika a été mis au banc des accusés en raison du titre « Talk about you ». Il possède des airs de « Sarà perché ti amo ». Ce tube qui date des années 80 est signé par Ricchi e Poveri. Pour sortir d’affaire, Mika a annoncé sur les réseaux sociaux avoir conclu une entente avec les auteurs du titre original. Il a clamé son innocence par le fait que la mélodie soit inspirée d’une autre chanson. On va pas non plus se tirer par les cheveux, ici on voit bien que c’est plus une ressemblance que du plagiat direct.
 

Certains artistes ont préféré s’arranger. En effet, au cours de l’année 2009, Joe Satriani avait déposé une requête en justice pour faire condamner le groupe pop Coldplay. Le morceau Viva la vida est une imitation du titre « If I could fly » du guitariste américain Satriani. Le groupe appartenant à Chris Martin avait nié toutes les allégations de reproduction en plaidant pour une simple coïncidence. Faute d’éléments solides de preuve, la cour a réfuté cette accusation de Joe Satriani. Ils ont fini par trouver par la suite un accord financier.

C’est le cas également de la chanson « Ghostbusters » parue dans le film du même titre en 1984. L’interprète, Ray Parker Jr aurait copié le morceau de Huey Lewis « Want a new drug ». La contrefaçon est reconnu mais il préfère fermer les yeux avec un arrangement financier. Mais leur arrangement a fait des remous auprès de Ray Parker quand Huey a raconté cette petite histoire en 2001 sur une émission télé et l’a poursuivit pour non respect de la clause de confidentialité.
 
 

Pour conclure

Il est souvent difficile de faire la différence entre de l’inspiration et de la contrefaçon, vous pourriez dire. Les exemples cités montrent de claires contrefaçons (ce ne sont plus juste quelques notes et les morceaux sont immédiatement reconnaissables, l’inspiration réside dans le fait qu’on ne puisse reconnaitre l’originalité d’une autre œuvre) ou des influences que des plagiats directs. Le net regorge de Mashup montrant les similitudes entres plusieurs chansons. Alors est-ce inconscient ou pûrement conscient, est-ce de la bonne ou de la mauvaise foi ? Peut-on encore de nos jours faire de la création originale avec tout ce qui a déjà été créé ? Qui saura … Tiens, ça me fait penser à Mike Brant et à cette chanson qui aura mis des années à être reconnue au bon auteur, Loulou Gasté, après de longues procédures judicaires, bien que la ressemblance était frappante ! « Dis lui », « Feelings » ou plutôt … « Pour toi »
 

 
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Sources :
 

5 commentaires sur “Plagiat et contrefaçon : ils nous ont bien eu !”

  1. Juste une remarque : Gainsbourg ne faisait pas que reprendre des musiques tombées dans le domaine public : il inscrivait ces chansons à la SACEM et se désignait comme unique auteur-compositeur, ce qui lui permettait de toucher l’intégralité des droits d’auteur pour des musiques qu’il n’avait pas écrites.

  2. Retour de ping : Comment protéger sa musique ? - Guil's Records

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