Artiste indé : Sais-tu que 50% du coût de production de ton EP peut-être financé ?

financer son ep
Quelles sont les aides et subventions disponibles pour les artistes indés pour financer le coût de production d'un EP ?

Article invité, rédigé by Sonia Onguitar « Musicienne de session, je passe la majeure partie de mon temps sur scène et en studio avec les artistes que j’accompagne. Quand je ne suis pas sur la route, je crée du contenu pédagogique autour de la guitare, du métier de musicien et plus largement de l’industrie musicale« 

Connais-tu les 5 organismes principaux pouvant t’aider à la production d’un enregistrement ?

Dans le développement d’un artiste indé, les aides et subventions constituent un soutien financier précieux, malheureusement trop souvent méconnu des artistes. Ces aides sont accessibles dès lors que tu as un projet musical avec lequel tu souhaites enregistrer un album ou un EP. Cependant, note que la plupart de ces aides sont attribuées aux structures et non à une personne physique, d’où l’intérêt de te rapprocher de structures (boite de production/labels etc…).
Regardons en détails les conditions à remplir pour accéder à ces différentes aides.

SACEM : Société des auteurs compositeurs éditeurs de musique :

La Sacem est le seul organisme proposant une aide directement versée à l’artiste. Elle s’élève à un montant de 4 500 euros et n’est pas cumulable avec l’aide du FCM. L’enregistrement doit être composé d’au moins 5 titres et il doit s’agir de ton premier ou deuxième album/EP
auto-produit. Ton enregistrement devra obligatoirement faire l’objet d’une sortie physique ou
numérique.

ADAMI : La Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes.

Elle propose une aide à l’enregistrement ainsi qu’à la promotion de l’enregistrement. Le dossier doit impérativement être déposé au minimum un mois avant la date de fin d’enregistrement. Les montants maximum octroyés ne peuvent dépasser 1⁄3 du budget de production de l’enregistrement et 80% du budget de promotion.
Une condition est néanmoins à prendre en note, l’enregistrement doit être pressé à hauteur de 1000 exemplaires pour les musiques actuelles et 500 pour le Jazz, les musiques classiques,
baroques et contemporaines.

FCM : Le fonds pour la création musicale.

Le FCM propose une aide à la production phonographique. Ce soutien est limité à 30% du
cadre subventionnable. Il n’est pas cumulable avec le soutien « Autoproduction » de la Sacem,
mais peut en revanche être cumulable avec d’autres aides.

Parmis les conditions à respecter :
Il doit impérativement s’agir d’un des trois premiers albums de l’artiste. La demande doit
porter sur un enregistrement d’au moins 5 titres et/ou d’une durée minimum de 20 minutes
enregistrées. De plus, le dossier doit être déposé au maximum 6 mois avant la date de commercialisation.

SPPF : Société des producteurs de phonogrammes en France

Elle propose une aide à l’enregistrement ,d’un montant ne pouvant pas dépasser 40 % du cadre subventionnable, elle concerne les réalisations d’album d’au minimum 3 titres inédits. Les live, les remix et les compilations sont exclus du dispositif.
La SCPP propose également une aide à la promotion. Les dépenses doivent atteindre un seuil
minimum de 15 245 € sauf pour les albums jazz et classique dont le minimum doit atteindre 10 000 €.

SCPP : Société civile des producteurs phonographiques

Elle propose une aide à la création de phonogrammes qui concerne les réalisations d’album d’au minimum 4 titres différents et inédits. Pour un nombre de titres inférieur, la durée
d’enregistrement doit être au minimum de 30 minutes. Cet album/EP doit bénéficier d’une
distribution physique ou numérique.
En complèment, la SCPP propose également une aide au marketing. Les dépenses doivent
atteindre un seuil minimum de 15 000 €, (5 000 € pour le classique et le jazz). Si l’album n’est
pas encore commercialisé au moment du dépôt de la demande, la subvention sera versée en deux temps : 50 % à la notification de l’octroi de la subvention et 50 % à la sortie de l’album.

La budgétisation : l’élément clé pour faire accepter ton dossier de subvention

Finissons par deux points primordiaux :

  • La plupart de ces aides et subventions sont cumulables entre elles
  • Le montant maximum cumulé ne pourra pas dépasser 50% de ton budget global prévu.

Si tu prévois un budget de 5 000 € pour la production de ton EP, tu pourra alors prétendre à un financement à hauteur de 2 500 €. Une autre approche consisterait à annoncer un budget de 10 000 pour ainsi bénéficier de 5 000 et investir de ta poche les 5 000 initialement prévus.
Avant de présenter un dossier à tous ces organismes, il faut déjà pouvoir écrire, noir sur blanc,
tout ce que l’on va dépenser puisque l’on va être aidé en fonction de tout ce que l’on dépense
pour le projet. Un budget cohérent jouera en ta faveur en mettant en avant le sérieux du projet. Les organismes doivent avoir l’impression que le projet se fera, avec ou sans leurs soutiens !

Ajout suite au retour de l’IRMA : « Attention, suite à l’arrêt de la CJUE, les aides des OGC d’interprètes (Adami, Spedidam) et de prod phono (SPPF, SCPP) sont au moins réduites de moitié (voire gelées), et le FCM intègre en novembre le CNM. »

Pour suivre Sonia et découvrir son univers : https://www.youtube.com/playlist?list=PLcA9ZSqVHQQ_omIFBmYI2MBN85HCgccyr

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